Reports

12 تشرين ثاني 2019, 14:08
Le Figaro avec AFP
Nissan abaisse ses objectifs après son pire premier semestre depuis 2009

Le constructeur automobile japonais Nissan a abaissé mardi ses prévisions de résultats pour l'exercice 2019/20, après ses plus faibles performances sur un premier semestre depuis 2009, affectées par le sérieux ralentissement du marché automobile mondial et des effets de devises défavorables. Nissan table désormais sur un bénéfice net de 110 milliards de yens (environ 913 millions d'euros) pour son exercice annuel qui s'achèvera le 31 mars prochain, contre une prévision précédente de 170 milliards de yens, selon un communiqué.

Il a aussi revu en baisse son objectif de bénéfice d'exploitation annuel, passé de 230 à 150 milliards de yens, ainsi que son objectif de chiffre d'affaires, abaissé à 10.600 milliards de yens (88 milliards d'euros) contre une prévision de 11.300 milliards de yens auparavant.

Le groupe, allié du français Renault, a aussi fait état mardi d'une chute de 54,8% sur un an de son bénéfice net au deuxième trimestre, à 59 milliards de yens (environ 490 millions d'euros). Son bénéfice d'exploitation a sombré encore davantage (-70,4% à 30 milliards de yens) tandis que ses ventes ont baissé de 6,6% à 2.630,7 milliards de yens (21,8 milliards d'euros).

Sur le trimestre écoulé, les ventes de Nissan en Chine «ont été supérieures à celles du marché», mais ses ventes dans les autres principales zones, comprenant les Etats-Unis, l'Europe et le Japon, «ont sous-performé ces marchés», a déclaré le futur directeur financier Stephen Ma lors d'une conférence de presse au siège du groupe à Yokohama (banlieue ouest de Tokyo) qui a duré à peine 30 minutes. Sur l'ensemble du premier semestre, son bénéfice net s'est établi à 65,4 milliards de yens (-73,5% sur un an), sa pire performance pour un premier semestre depuis 2009, au plus fort de la crise financière mondiale.

Redressement prioritaire aux Etats-Unis

Ses ventes sur la première partie de l'année ont totalisé 5.003,1 milliards de yens (-9,6% sur un an), et sa marge opérationnelle a été extrêmement faible (0,6%). Le groupe, pionnier des véhicules électriques avec son modèle Leaf, et fabricant des crossovers Qashqai, X-Trail ou encore Rogue, souffre notamment d'un manque de renouvellement de ses modèles.

Depuis l'éviction il y a près d'un an du patriarche de l'alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, interpellé puis inculpé au Japon pour malversations financières présumées, Nissan a aussi effectué un virage à 180 degrés en décidant de rompre avec la course aux volumes et de normaliser ses ventes en réduisant les mesures incitatives et campagnes de promotion. Ce qui pénalise aussi son chiffre d'affaires dans l'immédiat. Il a par ailleurs entamé cette année une vaste restructuration de ses capacités de production, devant passer par la suppression de 12.500 emplois dans le monde d'ici à 2023.

Le choix de privilégier la qualité plutôt que la quantité commence à porter ses fruits, a assuré mardi Stephen Ma, en citant notamment un bénéfice d'exploitation en Amérique du Nord «proche de son niveau d'il y a un an» au deuxième trimestre. «Nous sommes concentrés en priorité sur une croissance de long terme, durable», ainsi que sur le redressement de Nissan aux Etats-Unis, a-t-il rappelé.

Le nouveau DG attendu au tournant

Sur les détails du plan de restructuration et d'éventuelles mesures additionnelles, Stephen Ma a botté en touche, expliquant qu'aucune annonce ne sera faite avant l'arrivée officielle aux commandes de la future gouvernance du groupe, sous l'égide du nouveau directeur général Makoto Uchida, à compter du 1er décembre. «L'entreprise travaille urgemment à toutes les actions pour améliorer» ses performances, a toutefois encore assuré Stephen Ma.

La stratégie de la nouvelle gouvernance pour redresser la barre est très attendue. La nouvelle équipe est aussi censée être plus favorable à l'alliance avec Renault, qui avait été mise à mal depuis l'affaire Ghosn. Renault est lui-même en difficulté: le constructeur tricolore a abaissé mi-octobre ses objectifs financiers 2019 en raison de la conjoncture dégradée du marché automobile, tout comme le troisième membre de l'alliance, le japonais Mitsubishi Motors la semaine dernière.

Dans un communiqué publié après les résultats, Nissan a annoncé la convocation d'une assemblée générale extraordinaire le 18 février prochain pour nommer quatre nouveaux membres à son conseil d'administration: Makoto Uchida, le directeur opérationnel (COO) Ashwani Gupta, mais aussi le vice-COO Jun Seki à la demande de Nissan et un administrateur indépendant supplémentaire, Pierre Fleuriot, à la demande de Renault.